Dans cette section spéciale, découvrez les défis vécus par d’autres membres de l’ACDEAULF pour faire face à la pandémie actuelle et les solutions mises en place. Des initiatives inspirantes !

HEC Montréal : Innover en testant l’enseignement « comodal »

Avec la pandémie, HEC Montréal a décidé de tester le mode « comodal ». En effet, sur une programmation de 1000 cours, 92 sont proposés simultanément à des élèves présents en classe et à d’autres présents virtuellement.

Comment maintenir des cours en classe, alors que les étudiants peuvent être soumis à la quatorzaine à tout moment, que certains craignent pour leur santé et que plusieurs sont retournés dans leur pays d’origine? « L’approche comodale (ou bimodale), malgré les enjeux pédagogiques qu’elle implique puisqu’elle est beaucoup plus qu’une simple retransmission simultanée du cours, est apparue comme une solution à tenter », explique Lamiel Brasseur, directrice à la direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique à HEC Montréal. Plusieurs enseignants se sont portés volontaires pour tester cette nouvelle approche, facilitant les contacts directs.

Concrètement, la capacité maximale des salles de cours désignées pour ce type d’enseignement a été revue, en fonction des règles de distanciation sociale. Deux caméras, des micros hyper performants pouvant capter les discussions dans toute la salle de classe et un système à doubles écrans y ont été installés. « L’un d’eux étant tactile, l’utilisation du tableau devient moins nécessaire facilitant ainsi la visibilité pour les étudiants à distance », précise Lamiel Brasseur. Tout est donc mis en place pour que l’enseignant puisse animer son cours avec une portion de ses étudiants devant lui et une autre apparaissant sur de grands moniteurs grâce à des plateformes comme Zoom ou Teams.

Dans chaque classe, un assistant veille à la gestion des présences en classe et à l’observation des règles sanitaires (port du masque, utilisation des places désignées pour observer la distanciation). Il s’occupe aussi de la gestion du clavardage et des mains levées. Ainsi, l’enseignant peut se concentrer pour maintenir l’attention et la motivation des étudiants, qu’ils soient présents ou non. « En effet, le principal défi de l’enseignement comodal réside en la volonté de procurer une expérience de qualité équivalente aux étudiants, qu’ils soient devant l’enseignant ou à la maison », souligne Lamiel Brasseur.

Durant l’été, des formations ont été offertes aux enseignants ayant choisi cette option pour les aider à se familiariser avec la technologie en salle de classe, mais aussi pour qu’ils soient sensibilisés aux enjeux pédagogiques qui les attendent : comment donner des tâches en équipes mixtes durant le cours? Comment gérer les droits de parole? Comment créer un climat de classe comme s’il s’agissait d’un seul groupe d’étudiants? Comment créer une relation pédagogique équivalente avec des étudiants qui viennent régulièrement en classe et ceux qui n’y viendront jamais?

Autant de questions qui ont été abordées, mais qui trouveront davantage de réponses après l’expérience d’un premier trimestre, explique la directrice. « Pour ce faire, une communauté de pratique a été constituée afin d’aider les enseignants à échanger sur les difficultés qu’ils rencontrent et les pratiques gagnantes qu’ils identifient. HEC Montréal est donc en train de développer son expertise interne quant à ce mode d’enseignement et pourra avoir une réflexion franche et ouverte avec les enseignants et les étudiants impliqués afin de déterminer l’avenir de l’enseignement comodal au sein de son offre de cours. »

Une histoire à suivre !

Université Laval : L’université du troisième âge migre à distance

Le défi : La COVID-19 affecte particulièrement les personnes plus âgées. Impossible dans le contexte de continuer d’offrir une programmation en présence aux quelque 6000 personnes inscrites chaque session à l’Université du 3e âge, pilotée par la direction générale de la formation continue de l’Université Laval, mentionne André Raymond, directeur général par intérim de la direction générale de la formation continue. « Avec l’arrivée de la pandémie, les cours en personnes sont devenus impossibles en raison notamment de la vulnérabilité de cette clientèle, plusieurs de nos étudiants ayant plus de 70 ans. »

L’établissement n’a donc pas eu d’autres choix que de se lancer dans la formation à distance pour la session d’automne. « Les défis étaient importants, car cette clientèle a toujours manifesté une nette préférence pour les cours en classe, ajoute-t-il. De plus, une partie de cette clientèle est moins habituée à utiliser un ordinateur pour assister à des formations ou des conférences. » Sans compter que plusieurs formateurs sont des enseignants retraités, moins familiers avec des plateformes comme ZOOM ou Teams.

Avant tout, l’équipe a donc sondé sa clientèle, faisant appel à une firme externe pour savoir si les étudiants étaient intéressés à s’inscrire à distance et sous quelles conditions. Durée de séances, type d’animation, formule synchrone ou non, prix, niveau d’interaction souhaité et domaines qui les intéressent : tout a été passé au crible, explique André Raymond. « À partir des résultats du sondage, nous avons contacté nos formateurs pour échanger avec eux et connaître leur intérêt à offrir des cours à distance. Nous avons également discuté des enjeux et des défis que cela représentait pour eux. »

Une équipe a été mise en place pour soutenir les enseignants dans la mise en ligne de leur cours et pour leur offrir une formation pour les aider à maîtriser les différentes plateformes. Grâce aux efforts combinés de tous, une soixantaine de cours ont été développés pour la session d’automne 2020. En quelques jours, toutes les places disponibles avaient trouvé preneurs, avec plus de 1000 inscriptions.

« Bien que notre clientèle habituelle continuera de préférer les prestations en classe lorsque cela sera à nouveau possible, la pandémie nous a permis de faire découvrir notre offre à une toute nouvelle clientèle qui apprécie la formule à distance. Elle a également donné l’occasion à nos formateurs de sortir de leur zone de confort et de se découvrir des talents pour la formation à distance. À terme, nous aurons une université du 3e âge rajeunie et réinventée », conclut André Raymond.

Université McGill : Multiplier les ressources

Alors qu’on a beaucoup parlé des effets de la crise sur les étudiants, les enseignants ne sont pas en reste. L’École d’éducation permanente de l’Université McGill a déployé ses ressources pour venir en aide à ces professionnels, qui ont dû s’adapter à cette nouvelle réalité à vitesse grand V, en propulsant l’équivalent de 200 cours, proposés par plus de 150 enseignants, à distance. Un défi d’autant plus important que peu d’entre eux avaient déjà travaillé avec ce genre d’outils.

« Lorsque l’Université McGill a annoncé au tout début du mois d’avril le transfert de l’ensemble des cours offerts en classes en mode à distance, la bonne nouvelle est que nous avions deux semaines d’interruption des cours pour nous préparer et une équipe existante spécialisée dans le développement et le soutien de cours en ligne », raconte Jean-Paul Rémillieux, directeur des Services aux instructeurs et technologies d’apprentissage à l’École d’éducation permanente.

L’équipe n’a pas chômé pour autant, mettant en place différents services pour accompagner les enseignants dans cette transition, comme des séances régulières d’informations en ligne, un site web dédié présentant les différentes ressources disponibles et une formation en ligne pour acquérir les bases de la gestion de classes avec Zoom et le système de gestion d’apprentissage. « Les instructeurs pouvaient aussi prendre rendez-vous pour des périodes de trente minutes avec un concepteur d’apprentissage à tout moment de la semaine. » De même, un forum de discussion ouvrant la discussion entre le corps enseignant et le personnel de soutien et d’encadrement académique a aussi été mis sur pieds. « Enfin, un groupe de surveillance ad hoc formé de représentants des enseignants, des étudiants et de l’administration a été mis en place afin d’anticiper les problèmes avant qu’ils ne se présentent, et de réagir adéquatement si nécessaire », ajoute le directeur.

Malgré tous ces efforts, la crise a apporté de nombreux défis, surtout au niveau de la communication, alors que les canaux de contacts se multipliaient. Des enjeux qui ont touché particulièrement l’École d’éducation permanente, à cause de son mandat distinct des autres facultés et de la diversité et spécificité de son corps enseignant, souligne Jean-Paul Remillieux. « Cette réalité aurait exigé une approche de communication mieux coordonnée avec le reste de l’université, et la planification d’une stratégie de gestion de crise, pour laquelle nous n’étions évidemment pas préparés. La prochaine fois, ça va bien aller. »

Université Saint-Boniface : Enseigner la langue à distance

Au printemps dernier, la crise sanitaire COVID-19 a entraîné la fermeture des campus. Mais comment maintenir le contact avec la langue et la communauté? Un défi qui s’est particulièrement imposé à l’École de langues de la Division de l’éducation permanente de l’Université Saint-Boniface, située en plein cœur du quartier francophone de Winnipeg au Manitoba et qui contribue au « développement des compétences linguistiques des membres de la communauté au Manitoba », rappelle Aileen Clark, directrice de la division de l’éducation permanente, du service de perfectionnement linguistique et du centre de ressources en français juridique.

Alors que les contacts ont été mis sur pause par la crise, la Division de l’éducation permanente de l’Université a déplacé tous ses cours en présentiel vers des plateformes virtuelles dans un délai de deux semaines, raconte Aileen Clark. « Nous avons privilégié les conférences Zoom pour permettre aux apprenants de travailler de manière collaborative, en plénière et en sous-groupes. » En offrant la formation à distance, l’université a réussi à attirer une clientèle plus large, ce qui a même permis d’accueillir une participante de l’Inde durant l’été. Résultat : entre le 1er avril et le 31 août dernier, plus de 440 personnes ont suivi une formation en français langue additionnelle. « Tout un accomplissement pour une petite équipe de dix employés ! », ajoute la directrice.

Pour Aileen Clark, la crise aura d’ailleurs été l’occasion de prouver la flexibilité et la capacité de s’adapter des établissements. En unissant leurs forces, les équipes ont montré qu’il était « possible d’accomplir l’impossible », ajoute-t-elle. Et pour la suite? « Nous estimons que cette façon de livrer la formation ne disparaîtra pas même si nous connaissons un retour à la « normale ». Personne n’anticipe un retour à l’offre de formation en présentiel dans l’immédiat. Cela nous donnera certainement quelques mois pour voir à quoi le « nouveau » monde de formation ressemblera. Chose certaine, il nous poussera à continuer d’innover pour répondre aux besoins de notre communauté », conclut la directrice.

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