« L’apprentissage est le royaume du pouvoir. Non pas celui d’un pouvoir qui fait trembler l’autre et le réduit à une sorte d’esclave, mais celui qui assure un commerce heureux avec la réalité. »

C’est par cette citation de Colette Dufresne-Tassé que le professeur Jean-Jacques Doucet a ouvert le bal avec la conférence Communauté d’apprentissage – Un avenir durable.

Plus que théorique, le directeur général de la formation continue à l’Université de Moncton a rappelé l’importance historique de l’éducation populaire, un type de formation très puissant dans la prise en charge des communautés. Ce mouvement a d’ailleurs joué un rôle de premier plan pour aider l’Acadie à sortir de la crise économique de 1929, a-t-il rappelé.

En effet, le gouvernement de l’époque avait mis sur pieds des cercles d’études regroupant pêcheurs, agriculteurs, etc. Une initiative qui a entre autres permis aux citoyens d’apprendre à parler en public, à écrire, à identifier des problèmes en groupe et à trouver des solutions. À prendre en main leur destinée quoi ! Ce sont également ces groupes qui ont mené à la création d’une première coopérative financière en 1936, un mouvement qui a fait des petits par la suite et qui compte aujourd’hui 4 milliards d’actifs, selon les données de l’institution financière.

Jean-Jacques Doucet a aussi étudié le modèle des cercles de culture. Fondés au Brésil par Paulo Freire, un des précurseurs de la formation continue, ces regroupements ont permis d’alphabétiser des dizaines de milliers de personnes. « Cela prenait autour de 40 jours pour alphabétiser une personne », a-t-il expliqué. Même s’il s’agissait seulement de décortiquer de l’information de base, c’était quand même un pas de géant pour les citoyens. « Paulo Freire était réellement un précurseur de l’empowerment. »

Deux exemples qui montrent à quel point l’éducation populaire devient un véritable outil de développement social. Sans compter que 70 % de l’apprentissage des adultes provient des expériences pratiques quotidiennes, 20 % des interactions sociales et 10 % de la formation plus formelle, selon le modèle développé par Morgan McCall, Robert W. Eichinger et Michael M. Lombardo du Center for Creative Leadership de l’Université de Princeton. Voici là des pistes de réflexion qui inspireront la communauté universitaire étudiant ces questions !

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