Yves Proteau
Sylvie Barcelo

L’après-midi a plutôt laissé place à des exemples concrets, mettant en relief le témoignage de deux organisations totalement différentes, mais qui ont toutes deux amorcé le pas vers la numérisation, soit le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) et APN Global, l’une des entreprises les plus avancées dans son virage 4.0.

Difficile de croire que cette PME de fabrication de pièces lancée dans un garage regroupe aujourd’hui six des sociétés les plus innovantes en Amérique du Nord. Un virage entrepris pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre, a expliqué Yves Proteau, coprésident de la PME spécialisée notamment dans le secteur aérospatial. « La robotisation permet aussi d’aider les travailleurs et de compétitionner au niveau mondial, car dans notre domaine, on se bat contre la Chine, l’Inde, l’Allemagne, etc. »

Pour améliorer sa performance, la compagnie s’est dotée d’équipements à la fine pointe. « Mais, alors que nous pensions fabriquer des pièces, nous avons réalisé que nous étions plutôt à créer de la donnée. Chaque pièce équivaut à 1 Meg de données, par exemple qui l’a fabriquée, son poids, les matériaux utilisés, etc. », a illustré Yves Proteau. Une mine d’or que la compagnie a décidé d’exploiter pour améliorer sa performance!

Aujourd’hui, APN Global a créé un système qui permet aux humains et aux systèmes de communiquer et qui dirige l’employé dans ses différentes tâches, en temps réel. « On ne cherche plus des soudeurs, mais des jeunes spécialisés en génie, en informatique, en imprimante 3D, etc. », cite-t-il en exemple. Ainsi, la PME de 170 employés compte une équipe de recherche et développement d’une vingtaine de personnes. « Le futur modèle sera collaboratif et pas seulement entre les systèmes et les humains, mais entre les organisations, car on ne peut plus réussir seul. Il faut plutôt compter sur la force de l’équipe », explique celui qui s’est joint au Consortium de recherche en ingénierie des systèmes industriels 4.0, qui regroupe entreprises et chercheurs.

À l’autre bout du spectre, le MEES doit aussi amorcer le virage, alors que le gouvernement a lancé en 2018, son Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur. Au menu, plusieurs changements importants pour mieux intégrer la technologie dans le quotidien des élèves, mais aussi dans la formation continue des maîtres. Le gouvernement prévoit également la création d’un dossier numérique unifié de l’élève ou la création d’un campus virtuel permettant de regrouper l’ensemble de l’offre de formation à distance en enseignement supérieur.

Un immense chantier mené dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, alors qu’une vague de départs à la retraite est à prévoir, a expliqué Sylvie Barcelo, sous-ministre. « Ces changements balaient les façons de faire qu’on connaissait jusqu’à maintenant », affirme-t-elle. Par exemple, de nouveaux outils collaboratifs ont été intégrés, qui permettent de coconstruire des documents entre différents services, ce qui n’était pas possible avant. « Ces outils donnent beaucoup de pouvoirs aux équipes, ce qui est bien puisqu’elles ont l’expertise. Mais ça change beaucoup le travail du gestionnaire, qui était habitué de gérer le travail en séquences. » La formation continue devient également essentielle pour naviguer dans ces nouveaux paramètres, ajoute-t-elle. Et ce n’est que le début!

Yves Proteau, APN Global
APN, transformation dans l’industrie 4.0 (Pdf)

Sylvie Barcelo, Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur
Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, tourné vers l’avenir (Pdf)

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