En mai dernier, l’ACDEAULF a lancé un appel à ses membres pour connaître l’état des lieux dans leurs établissements par rapport à la pandémie. Voici quelques éléments tirés des différents témoignages reçus jusqu’à maintenant.

Avec la crise de la COVID-19, les établissements d’enseignement ont été contraints de basculer à distance et doivent maintenant réfléchir aux meilleures pratiques d’enseignement pour la rentrée, que ce soit en classe, virtuellement ou en mode hybride.

Du côté de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le secteur de la formation créditée s’est rapidement adapté à la crise, rapporte-t-on. Mais, « (…) la situation fut très différente pour nos formations non créditées puisque la disponibilité des formateurs et des participants a soudainement fondu comme neige au soleil! Même si technologiquement il était possible de réaliser les activités à distance, la plupart de nos partenaires devaient conjuguer gestion de crise au travail et responsabilités familiales. Nos activités ont donc été majoritairement reportées. »

Toutefois, l’équipe a rapidement senti le besoin d’offrir du contenu permettant de s’adapter à cette nouvelle réalité et a mis sur pied une série de courtes formations sur le sujet. « Au final, neuf conférences d’une durée de 45 minutes ont eu lieu et elles ont remporté un vif succès ; certaines ont attiré près de 200 participants simultanément, précise l’établissement. Les thèmes abordés étaient variés et leurs contenus très accessibles : perspectives économiques post-confinement, pistes de solutions pour les liquidités des PME, accompagnement de son enfant ayant un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience intellectuelle, ou encore leadership et performance au travail à l’heure de la COVID-19. »

Idem du côté de l’Université de Sherbrooke, qui a proposé des webinaires gratuits sur des thèmes comme le télétravail, la conciliation travail-vie personnelle ou la gestion du changement et du stress. « En mai, la programmation complète a été annulée afin de faire place à une programmation à distance pour l’été et l’automne 2020, en prévision d’une transformation hybride en 2021 », rapporte aussi l’institution.

Des outils pour traverser la crise

« Le plus difficile a été de naviguer dans le changement à l’aveuglette, sans savoir ce qui allait réellement se passer et combien de temps le confinement allait durer », rapporte l’Université de Sherbrooke. Comme d’autres, l’établissement a misé sur travail d’équipe, la collaboration et la transparence pour naviguer à travers ces changements. L’établissement a ainsi mis en place différents processus et moyens de communication pour traverser cette période de turbulences. Ainsi, des mesures pour faciliter les contacts réguliers avec le recteur, le vice-recteur et le comité des mesures d’urgence et sanitaires, tout en maintenant les liens entre les travailleurs, ont été instaurées. L’université a également mis en ligne un site destiné aux étudiants et une page intranet pour ses employés afin de les informer des ressources disponibles et de l’état de la situation. Même un fond d’urgence pour aider les étudiants a été mis sur pied.

La collaboration a aussi été de mise du côté de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). « La distance entre les membres de notre équipe, habitués à collaborer fréquemment dans des espaces aménagés à cet effet a bien sûr été un défi, mais pas autant que nous aurions pu le penser. La distanciation physique n’a pas entraîné de distanciation sociale, car l’ensemble de l’équipe a rapidement pris ses marques et appris à travailler et collaborer à distance, en instaurant des rencontres téléphoniques ou en visioconférence régulières. L’esprit d’équipe est resté intact. Les interruptions étant également moins fréquentes en télétravail qu’au bureau. Cela a permis l’élaboration rapide de plusieurs projets et n’a entraîné aucune diminution de notre performance. Au contraire. »

Les équipes ont également été propulsées en mode télétravail, ce qui a demandé une adaptation des pratiques, tant à l’université que dans le monde du travail. C’est pourquoi, durant la période de confinement, étant donné le contexte dans lequel tous les travailleurs étaient plongés, l’UQO a décidé d’offrir un webinaire gratuit intitulé « Pour mieux vivre le changement en période de confinement » avec Isabelle Bédard. « Ce fut un succès, avec plus de 345 personnes inscrites, rapporte l’établissement. Cela nous a également permis de promouvoir notre offre de formation continue à distance pour le printemps 2020. »

La pandémie a aussi permis à toutes les institutions de constater leur agilité pour s’adapter. Mais cela a également braqué les projecteurs sur différents enjeux en lien avec l’enseignement à distance, mentionne l’UQTR. « L’adaptation des formations non créditées sera sans doute notre plus grand défi pour les mois à venir. Nous avons beaucoup de formations dans le domaine de la santé et la proximité nécessaire aux apprentissages demandera une adaptation logistique. »

À plus long terme, « la formation à distance prendra certainement une place plus importante dans les programmes, en priorisant toutefois la vie de campus et en favorisant le mode présentiel lorsque celui-ci servira mieux l’atteinte des objectifs pédagogiques », pense-t-on du côté de l’Université de Sherbrooke, qui a pu tester son agilité à réagir aux changements pendant la crise. Mais cela ouvre aussi la voie à de nouvelles possibilités : « À plus long terme, nous pensons que cela accélérera l’offre de formation continue à des clientèles plus éloignées dans la francophonie, comme en Europe ou en Afrique francophone », indique l’UQO.

D’autres témoignages seront publiés dans notre bulletin de septembre. A suivre !

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