Josée Beaudoin
Josée Beaudoin
Marie Claude Lagacé

Si la quatrième révolution industrielle est avant tout numérique, les compétences que devront détenir les travailleurs de demain ne toucheront pas que cette sphère. Au contraire, ont expliqué Josée Beaudoin, vice-présidente, innovation et transfert au CEFRIO et Marie Claude Lagacé, présidente et directrice générale chez Humanov·is lors de la conférence d’ouverture des journées d’étude.

En effet, les compétences requises pour naviguer dans ce nouveau monde sont autant humaines que techniques, a expliqué Josée Beaudoin. Oui, il faudra être capable de maîtriser les nouvelles technologies, mais ce ne sera pas assez. Car ces changements numériques demandent de collaborer entre humains et même de créer des liens entre les différents systèmes. Pour y arriver, il faudra donc des compétences collaboratives permettant de comprendre avec précision les processus, ce que les autres font et comment ils le font. Plus encore : il sera primordial de pouvoir analyser les données numériques pour les faire parler et en tirer le meilleur, ce que Josée Beaudoin appelle les compétences cognitives. Un essentiel, selon elle. « La compréhension des données, c’est le nouvel alphabet! »

Dans ce monde où les tâches plus répétitives seront automatisées, les compétences humaines seront également primordiales, a renchéri Marie Claude Lagacé. « Par exemple, certaines personnes risquent de ne pas être capables de suivre, alors que les changements seront de plus en plus rapides et complexes. » Il faudra donc faire montre d’empathie. Miser sur une équipe diversifiée pour éviter les biais induits par la technologie – par exemple dans l’intelligence artificielle – permet aussi de jeter un regard critique sur ces changements.

Mais surtout, dans un monde en mutation constante, des qualités comme la capacité d’adaptation, la créativité, les aptitudes à la cocréation, la possibilité de travailler dans un contexte peu hiérarchisé, sont autant de compétences qui seront recherchées dans les prochaines années, a détaillé Marie Claude Lagacé. En effet, plusieurs entreprises changent complètement leur modèle d’affaires, ajoute Josée Beaudoin. « Par exemple, Michelin se spécialisait dans les pneus. Ils vendent maintenant des kilomètres, alors que l’entreprise a ajouté des capteurs dans ses pneus (qui mesurent la pression, la température, le kilométrage, etc.). » L’avenir appartient donc aux travailleurs capables de réfléchir non seulement en dehors de la boîte, mais même « en dehors du système », pour y arriver.

Josée Beaudoin, CEFRIO et Marie Claude Lagacé, Humanov is
Quelles compétences pour quel futur? (Pdf)

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