Lyne Bouchard

La révolution technologique qui est à l’oeuvre aura un impact autant sur le monde de l’emploi que sur ce qu’on attend des travailleurs et sur les façons de les former. « Dans le futur, l’automatisation permettra de confier jusqu’à 70 % de certaines tâches à des robots, dans d’autres cas ce sera beaucoup moins. Mais ce qui va rester à faire va nécessairement devoir être confié à un humain beaucoup plus créatif. Tout un défi pour notre travailleur d’aujourd’hui, qui aura besoin de formation continue pour réussir ce passage », a expliqué Lyne Bouchard, vice-rectrice, ressources humaines, à l’Université Laval et directrice de l’Observatoire de gouvernance des technologies de l’information. Comment s’adapter à cette réalité?

Alors que plusieurs entreprises, comme Dyson ou Capital One, ont créé leurs propres écoles de formation, les universités doivent réfléchir maintenant aux façons de se positionner sur le nouvel échiquier de demain. Alors que la demande pour des micro-formations se renforcera, comment enseigner des notions comme la capacité d’adaptation et d’innovation, la collaboration, la facilité à travailler avec différents outils technologiques ou à analyser les différentes données disponibles, des données qui seront de plus en plus prisées? Et surtout, comment mesurer si un étudiant est vraiment capable de mobiliser une équipe après une formation courte, à distance de surcroît? « Il va falloir normer ces compétences et les standardiser », a soutenu Lyne Bouchard. D’autant que les parcours seront de plus en plus éclatés.

Qui se tournera vers l’université pour faire avancer sa carrière? s’interroge-t-elle aussi. Faut-il séduire les étudiants un à un, ou plutôt travailler avec des ordres professionnels, des associations, des syndicats? Faut-il rendre les universités « intelligentes », en automatisant certaines fonctions? « Cela soulève énormément de questions, notamment sur comment structurer et légitimer notre offre, alors que la compétition dans les prochaines années ne sera pas que régionale, mais plutôt avec les universités d’Harvard, d’Édimbourg et de Tokyo. » Des interrogations fondamentales auxquelles il faudra répondre pour survivre aux changements!

Je sais que je ne sais pas. Et vous? (Pdf)

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