Entrevue avec Marie Thériault, professeure agrégée à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal et spécialiste de l’andragogie

L’éducation aux adultes est loin d’être un parcours unique et linéaire, mais prend plutôt des formes multiples. C’est ce que propose d’explorer le livre « L’adulte en formation, pour devenir soi : Espaces, passages, débats et défis ». Entrevue avec Marie Thériault, qui a dirigé cet ouvrage collectif avec sa collègue Manon Doucet, chercheure et professeure titulaire à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Publié aux Presses de l’Université du Québec, ce livre réunit le travail d’une trentaine de collaborateurs, des chercheurs provenant d’ici et d’ailleurs. « À travers les quatorze chapitres, nous abordons le parcours de l’adulte de la formation générale jusqu’à l’emploi, non seulement du point de vue de l’enseignant, mais aussi de l’apprenant », explique Marie Thériault.

Les auteurs se sont également penchés à la formation comme un outil pour « devenir soi », comme l’indique le titre. Un élément-clé dans cet ouvrage, estime la chercheure qui s’intéresse tout particulièrement aux clientèles vulnérables. « La réussite éducative n’est pas seulement reliée à des enjeux de nature socio-économique. Pour les adultes en formation, il s’agit plutôt de développer son libre arbitre et surtout, son plein potentiel. » Se former devient donc un élément d’émancipation.

« On a souvent tendance à penser qu’on sait ce dont ils ont besoin, on parle à leur place. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre l’accent sur des recherches qui sont plutôt menées en collaboration. » 

C’est pourquoi le livre se penche sur différentes situations de vulnérabilité propres aux adultes en formation et aux enseignants travaillant avec ces différentes clientèles. « Par exemple, dans la section sur le niveau collégial, les chercheurs s’intéressent à l’accompagnement éducatif des étudiants en situation de handicap, notamment par la consultation individuelle ou les pratiques de différentiations pédagogiques », cite Marie Thériault. Des problématiques qui peuvent toucher les différents niveaux de formation.

Le collectif pose aussi un regard sur la formation universitaire, notamment sur les facteurs internes et externes influençant le retour aux études des personnes en transition de carrière. « Il y a également tout un texte consacré à la gestion de la violence au travail, qui permet d’analyser comment former le personnel pour y faire face, par deux auteurs européens. Cela permet de voir comment ces formations permettent aux individus de transcender ces obstacles et les difficultés qu’ils vivent. » Du contenu très actuel.

Le livre fait la part belle aux apprenants, en leur donnant la parole à travers les différents textes. Une approche humaniste qui est encore rare en pédagogie, estime Marie Thériault, mais qui s’avère extrêmement riche. « On a souvent tendance à penser qu’on sait ce dont ils ont besoin, on parle à leur place. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre l’accent sur des recherches qui sont plutôt menées en collaboration, en coconstruction avec les apprenants. C’est un peu comme une pièce de 25 sous : les deux côtés sont indissociables ! »

L’adulte en formation, pour devenir soi : Espaces, passages, débats et défis
Sous la direction de Manon Doucet et Marie Thériault
Publié aux presses de l’Université du Québec
2019, 400 pages

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