Entrevue avec Manon Gadbois, coordonnatrice du programme « Français pour la communication professionnelle, projets spéciaux & perfectionnement professionnel » à l’École d’éducation permanente de l’Université McGill

En jumelant formation virtuelle et en classe, le programme d’apprentissage du français pour les employés de l’Université McGill a vu son nombre de participants bondir. Les explications de Manon Gadbois, qui a travaillé sur cette innovation.

C’est en 2012 que le programme French@work a été officiellement lancé, explique Manon Gadbois qui a notamment coordonné la mise sur pieds de cette initiative. « En fait, un programme d’apprentissage du français pour les employés avait été mis en place quelques années auparavant, en partenariat avec le département des ressources humaines, mais le nombre d’inscriptions était en déclin. » À cela s’ajoutait plusieurs désistements.

Le problème ? Difficile pour les employés de se libérer entre 2 h et 2 h 30 par semaine, sur l’heure du midi, pour apprendre à manier la langue de Molière. C’est du moins ce qui était ressorti d’un sondage mené auprès des participants montrant clairement que ce n’était pas faute d’intérêt, mais de temps qu’ils abandonnaient avant la fin. Pour insuffler une dose de flexibilité à cet horaire, l’équipe a donc revu complètement la formule.

French@work offre une souplesse dans les horaires, avec 1 h 15 de cours en classe, mais aussi des exercices en ligne à effectuer de façon autonome et des rencontres virtuelles en synchrone. « Autour des années 2000 à 2005, on commençait à voir apparaître de nouveaux outils pédagogiques pour l’apprentissage en ligne. Nous avons donc étudié ces différentes approches pour tenter de maximiser le temps des étudiants. C’est pourquoi nous avons adopté le blended learning, c’est-à-dire une approche mixte », explique la coordonnatrice. Grâce à cette formule lancée en 2012, French@work offre une souplesse dans les horaires, avec 1 h 15 de cours en classe, mais aussi des exercices en ligne à effectuer de façon autonome et des rencontres virtuelles en synchrone. L’élève y discute une quinzaine de minutes avec le prof, ou avec ses collègues, en simulant des situations réelles, comme le règlement d’un conflit ou la prise de rendez-vous, par exemple.

Adapter le contenu s’est avéré tout un défi, ajoute toutefois la coordonnatrice. « Ce n’était pas possible de simplement réutiliser l’ancien matériel sur papier pour l’adapter. C’était un peu comme d’essayer de faire rentrer un cercle dans un carré. » Il a donc fallu analyser chaque contenu et s’assurer de l’offrir dans le format le mieux adapté, selon le type d’apprentissage. « Par exemple, ce qui ressort de la recherche, c’est que les activités menées en classe permettent de créer un sentiment d’appartenance et de socialiser. » Tout a donc été redessiné en fonction de ces paramètres, en plus d’être peaufiné au fil du temps.

Sept ans plus tard, la formule semble fonctionner et a même fait des petits. En effet, en plus de compter 650 inscriptions par année, French@work a aussi été adapté pour l’Institut de neurologie de McGill et a été offert à l’externe, dans une institution financière qui désirait offrir une formation en langues à ses employés. Une première qui pourrait bien faire des petits, selon Manon Gadbois. « L’utilisation de l’apprentissage mixte était très innovante à l’époque et nous avons réussi à développer un programme qui a fait ses preuves ! »

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