Robert_Martin_538

M. Robert Martin a joué un rôle clé dans la création et le regroupement des associations d’étudiants adultes dans les universités : l’Association étudiante de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal (AGEEFEP) et la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP). Aujourd’hui, il agit comme conseiller sur plusieurs C.A. et il est toujours impliqué dans le Mouvement québécois des adultes en formation (MQAF), dont il a été l’un des principaux initiateurs. Il a bien voulu accorder cette entrevue à propos de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants.

Dans les universités, la formation régulière est très importante : baccalauréat, maîtrise, doctorat. Les étudiants adultes font surtout des certificats mais aussi aux programmes de 2e et 3e cycles comme dans le réseau de l’Université du Québec. Ils sont presque des étudiants de seconde zone. Les universités n’ont pas en tête l’éducation des adultes.

La Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants permet à un groupe d’étudiants, à la suite d’un référendum, de s’accréditer auprès du gouvernement du Québec, comme un syndicat. Cette loi est fondamentale, unique au Québec. Décidée par le défunt Conseil des universités, en 1983, c’est une représentation officielle et légale. Donc, l’université est obligée de fournir un local à l’association d’étudiants, de leur permettre l’affichage, de les consulter, etc.

Dans la section 2.1 de cette loi, le deuxième paragraphe s’énonce ainsi : «Dans chaque établissement de niveau universitaire visé aux paragraphes 2, 3 et 6 du premier alinéa de l’article 2, constituent des groupes d’étudiants distincts, les étudiants de premier cycle, ceux des cycles supérieurs et ceux de l’éducation permanente.» Mais dans le 3e paragraphe, on précise : «On entend par «élève à temps plein», «élève à temps partiel», «premier cycle», «cycles supérieurs» et «éducation permanente», ce qui est reconnu comme tel par l’établissement d’enseignement concerné». Ce qui fait que chaque université est laissée libre de reconnaître ou non ses étudiants adultes, ce qui a des conséquences malheureuses. Je crois que ce qui explique cela, c’est que pour le gouvernement, il s’agit de la liberté universitaire.

À l’Université de Montréal, comme il y a une Faculté de l’éducation permanente, il n’y a donc pas de problème. À l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), on reconnaît d’office tous les étudiants hors campus comme étant des étudiants adultes.

La FAEUQEP regroupe trois associations d’étudiants, celles de la Télé-université, de l’UQTR et de l’AGEEFEP, soit environ 53 000 personnes. Mais elle estime le nombre total d’étudiants adultes au Québec à 90 000, si toutes les universités québécoises reconnaissaient leurs étudiants adultes.
Les universités qui refusent de le faire le font probablement parce qu’ainsi elles se limitent à une seule unité de négociation. Si une seule petite association d’étudiants existe dans une université, c’est plus facile pour cette dernière, qui n’a qu’un interlocuteur. Ce qui a des conséquences désastreuses pour ces étudiants, rendant difficile leur représentation auprès du gouvernement pour des budgets et d’autres dossiers, comme de faire reconnaître des certificats. Les associations étudiantes régulières pour leur part, ne pensent pas aux besoins des étudiants adultes. Et souvent, ces derniers ne savent pas qu’ils peuvent changer cela.

C’est difficile pour les gens de la FAEUQEP d’aller sur les lieux, car ils ne sont pas les bienvenus dans les universités qui ne reconnaissent pas leurs étudiants adultes. Si la représentativité des étudiants adultes est faible c’est parce qu’il n’y a pas de statut de reconnaissance. Si on s’organise mieux, c’est plus profitable pour l’éducation des adultes.

About the author
Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

EffacerSoumettre