M. Christian Blanchette, doyen de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, est désireux de nous parler du mandat actuel de la Commission de l’éducation des adultes et de la formation continue, qu’il préside. Commission faisant partie du Conseil supérieur de l’éducation du Québec, qui est en quelque sorte l’équivalent fonctionnel d’une commission permanente d’enquête sur l’état et les besoins de l’éducation.

La mission reçue du Conseil supérieur de l’éducation à l’automne 2016 était de se pencher sur la «Contribution de l’éducation des adultes à la réussite du projet migratoire des personnes réfugiées et immigrantes». On a voulu inclure dans cette recherche les réfugiés, qui forment environ 20% de l’ensemble des nouveaux arrivants. On examine l’apport de l’éducation des adultes à tous les niveaux, des groupes communautaires à l’université. Et la réussite du projet migratoire se définit par l’intégration économique et sociale.

La francisation fait partie de la dynamique qu’ils veulent explorer. Quel est le niveau de maîtrise du français nécessaire pour s’intégrer? Dans les cas de diplômés universitaires par exemple, il faut acquérir un haut niveau de français. On ne peut pas ignorer la «reconnaissance des acquis et des compétences» (RAC) ou la reconnaissance des diplômes et titres professionnels, des outils très utilisés par les immigrants. D’ailleurs, les différents gouvernements ont un intérêt marqué pour elle et plusieurs ordres professionnels ont travaillé à établir des passerelles.

Nous voulons partir du point de vue de l’immigrant. Aussi on a choisi de ne pas aller avant tout vers les intervenants mais vers les personnes réfugiées et immigrantes, à travers leurs trajectoires familiales d’intégration au sein de la société d’accueil. La méthodologie adoptée c’est d’examiner les parcours familiaux d’un sous-ensemble d’immigrants, toujours en faisant le focus sur l’éducation des adultes. Pour voir par exemple, s’ils en connaissent les différentes ressources, les services, les formations. Auprès des groupes communautaires, nous désirons comprendre ce qu’ils jugent pertinent pour l’intégration. On veut pouvoir identifier les dispositifs d’éducation des adultes utilisés et ceux qui le sont moins. Jouent-ils leur rôle? Y a-t-il des offres négligées qui devraient être mises à l’avant-scène? Les immigrants et réfugiés en région ont-ils à leur disposition les services éducatifs nécessaires à leur intégration?
Le défi de cette recherche c’est de la contraindre car l’intégration comporte différentes facettes : sociologique, économique, psychologique. Pour les nouveaux arrivants il s’agit de reconstruire le tissu social. D’ailleurs, on veut aussi identifier les moyens-clés de l’intégration, par exemple ses acteurs, comme les gens de la communauté d’accueil issus du même pays. Une autre question se pose : par quels moyens peuvent-ils s’intégrer à la majorité francophone?

Comment l’éducation des adultes peut aider à l’intégration des immigrants? Par la francisation, la reconnaissance des acquis et des compétences, l’alphabétisation dans certains cas. Et par tous les programmes menant à des emplois, qu’ils soient de niveau secondaire, collégial ou universitaire. Les questions soulevées sont complexes, mais profondément nécessaires.

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